Key takeaways
- La reprise demeure inégale en Europe : tandis que les Pays-Bas atteignent un nouveau record historique, l’Allemagne et la France restent en deçà de leurs sommets d’avant la pandémie.
- Les ventes entre particuliers gagnent en importance, en particulier en France, où la croissance est presque exclusivement portée par les échanges de véhicules plus anciens entre consommateurs.
- Le parc automobile d’occasion vieillit : la pénurie de véhicules récents pousse les acheteurs vers des modèles plus anciens, conséquence différée de la faiblesse des ventes de voitures neuves durant les années de pandémie.
- Les prix restent structurellement élevés, notamment en Allemagne, où l’inflation et la part croissante de véhicules bien équipés et électrifiés maintiennent les prix moyens à un niveau soutenu.
- La numérisation transforme le marché : des pays comme les Pays-Bas, la Belgique et le Danemark tirent parti de plateformes de vente en ligne avancées et de modèles commerciaux fondés sur les données.
La grande tendance : une reprise nuancée
À l’échelle européenne, 2025 marque une reprise prudente. Les années les plus difficiles de la crise sanitaire sont désormais derrière nous, sans pour autant que l’ensemble des marchés aient retrouvé leur niveau antérieur. Une évolution marquante réside dans la progression rapide des ventes entre particuliers, tandis que les concessionnaires professionnels enregistrent, dans certains pays, un recul de leurs volumes. Parallèlement, l’âge moyen des voitures d’occasion vendues continue d’augmenter : sous l’effet des contraintes budgétaires et de la rareté des véhicules récents, les acheteurs se tournent de plus en plus vers des modèles plus anciens, héritage direct du ralentissement des ventes de voitures neuves entre 2020 et 2022.
Les ventes de voitures d’occasion en chiffres
Le tableau ci-dessous présente le total des ventes de voitures d’occasion par pays, ainsi que leur évolution par rapport à 2024 :
| Pays | 2024 | 2025 | Croissance |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 6 480 000 | 6 510 000 | +0,5 % |
| France | 5 353 000 | 5 396 000 | +0,8 % |
| Pays-Bas | 2 044 000 | 2 120 000 | +3,7 % |
Allemagne : stabilisation à un niveau élevé
Le marché allemand des voitures d’occasion a connu une année de relative stabilité en 2025, avec environ 6,51 millions de voitures particulières échangées, soit une progression modeste de 0,5 % par rapport à 2024. Cette évolution intervient après un fort rebond enregistré en 2024, lorsque le marché avait progressé de 7,4 % à la sortie de la crise sanitaire. Malgré cette stabilisation, les volumes demeurent inférieurs d’environ 10 % à ceux d’avant la pandémie, qui dépassaient alors les 7,2 millions de transactions annuelles.
Le niveau de prix constitue l’un des traits les plus marquants du marché allemand. Le prix moyen affiché s’est établi autour de 27 800 euros, soit une hausse de 34,5 % par rapport à 2019. Cette augmentation s’explique non seulement par l’inflation, mais aussi par la part croissante de véhicules d’occasion bien équipés et électrifiés, issus notamment des flottes de location à court terme. Le marché reste très largement dominé par les acheteurs privés, qui représentent environ 93 % des transactions. La Volkswagen Golf conserve sa position de modèle le plus vendu sur le marché de l’occasion, tandis que les marques allemandes occupent l’essentiel du classement, d’Audi et BMW à Opel.
Top 10 des voitures d’occasion les plus vendues en Allemagne en 2025
| # | Modèle | Ventes | Croissance |
|---|---|---|---|
| 1 | Volkswagen Golf | 425 000 | +1,2 % |
| 2 | Audi A6 | 285 000 | +0,9 % |
| 3 | Audi A4 | 268 000 | +1,5 % |
| 4 | VW Tiguan | 245 000 | +3,2 % |
| 5 | VW Passat Estate | 228 000 | +0,7 % |
| 6 | BMW Série 3 | 215 000 | +2,1 % |
| 7 | VW Touran | 198 000 | +1,8 % |
| 8 | Opel Astra | 186 000 | +0,5 % |
| 9 | Mercedes Classe C | 175 000 | +1,4 % |
| 10 | Opel Corsa | 168 000 | +2,8 % |
France : le commerce entre particuliers stimule la reprise
En France, environ 5,396 millions de voitures d’occasion ont changé de mains en 2025, soit une progression limitée de 0,8 %, rapprochant le marché de son pic historique atteint en 2019. Cette croissance est presque entièrement imputable aux ventes entre particuliers, en hausse de 13 à 14 % pour atteindre près de trois millions de transactions. À l’inverse, les ventes réalisées par des professionnels auprès des consommateurs ont reculé d’environ 2 %.
Cette dynamique illustre la manière dont les consommateurs français s’adaptent à la pénurie de véhicules d’occasion récents. Faute d’offre suffisante, les échanges entre particuliers portent de plus en plus sur des modèles anciens. Les voitures de plus de quinze ans représentent désormais environ 27 à 28 % de l’ensemble des transactions et affichent une croissance à deux chiffres. La Renault Clio demeure le modèle le plus vendu sur le marché de l’occasion, avec plus de 356 000 unités écoulées, devant la Citroën C3 et la Peugeot 208. Les marques françaises concentrent à elles seules près de 47 % du marché.
Les véhicules électriques d’occasion progressent également de manière significative : leurs ventes ont augmenté de 30 %, pour atteindre près de 178 000 unités. Ce mouvement témoigne d’une électrification progressive du parc d’occasion, même si la part de ces véhicules reste encore limitée, autour de 3 à 4 %.
Top 10 des voitures d’occasion les plus vendues en France en 2025
| # | Modèle | Ventes | Croissance |
|---|---|---|---|
| 1 | Renault Clio | 356 657 | +1,9 % |
| 2 | Citroën C3 | 174 581 | −0,5 % |
| 3 | Peugeot 208 | 173 337 | +1,4 % |
| 4 | Volkswagen Golf | 133 000 | +0,8 % |
| 5 | Renault Mégane | 125 400 | −1,2 % |
| 6 | Peugeot 308 | 118 200 | +2,1 % |
| 7 | Renault Captur | 112 800 | +3,5 % |
| 8 | Citroën C4 | 98 500 | +1,8 % |
| 9 | Peugeot 3008 | 94 300 | +4,2 % |
| 10 | Dacia Sandero | 88 700 | +5,6 % |
Pays-Bas : une année record au-delà des attentes
Les Pays-Bas ont connu une année exceptionnelle en 2025, avec plus de 2,12 millions de voitures d’occasion vendues, soit une hausse de 3,7 % et un nouveau record historique, selon l’organisation professionnelle BOVAG. Cette performance tranche nettement avec celles de l’Allemagne et de la France, dont les marchés restent en retrait par rapport à leurs sommets passés. Les consommateurs néerlandais ont profité d’une amélioration de l’offre et continuent de privilégier l’achat de véhicules d’occasion, notamment en raison du niveau toujours élevé des prix des voitures neuves. Ces résultats soulignent le rôle central du marché de l’occasion dans l’écosystème automobile néerlandais.
Belgique et Danemark : des pionniers du numérique aux marchés solides
Bien que les données disponibles sur les volumes de ventes de voitures d’occasion en Belgique et au Danemark soient plus limitées, l’évolution de ces deux pays s’inscrit pleinement dans la dynamique européenne. Tous deux figurent parmi les pionniers de la transformation numérique et disposent d’une forte culture de l’innovation, qui se reflète également dans le commerce automobile. Au Danemark, 28 % des entreprises ont recours à des technologies d’intelligence artificielle, soit la proportion la plus élevée de l’Union européenne, facilitant le développement de plateformes de vente en ligne sophistiquées et de processus commerciaux plus efficaces. La Belgique, de son côté, consacre 3,4 % de son PIB à la recherche et au développement et s’appuie sur un secteur automobile robuste, qui soutient également le marché de l’occasion.
Conclusion : un marché en transition
En 2025, le marché européen des voitures d’occasion offre un tableau contrasté. L’Allemagne se stabilise à un niveau de prix élevé, tout en restant en retrait par rapport à ses volumes antérieurs. La France se redresse principalement grâce au dynamisme des échanges entre particuliers et aux véhicules anciens. Les Pays-Bas établissent de nouveaux records, portés par une demande soutenue et des conditions favorables. Dans des pays plus petits mais numériquement avancés, comme la Belgique et le Danemark, de nouvelles formes de commerce émergent. Un constat s’impose néanmoins : la voiture d’occasion n’est plus une solution par défaut, mais s’affirme comme un pilier central de l’automobile européenne.